Le cerveau, cette machine à pensées… souvent négatives
Chaque jour, votre cerveau génère entre 60 000 et 80 000 pensées. Et selon les chercheurs, près de 80 % de ces pensées sont négatives. Pire encore : 95 % sont les mêmes que la veille. Cela signifie que votre esprit tourne en boucle sur les mêmes scénarios, souvent critiques ou angoissants.
Pourquoi ? Parce que le cerveau humain s’est développé pour repérer les dangers et anticiper les menaces. Il est donc naturellement orienté vers ce qui ne va pas. Ce biais de négativité vous pousse à douter de vous, à vous auto-critiquer, à dramatiser, à fonctionner selon une pensée en tout ou rien, ou à croire que vos pensées sont des vérités indiscutables.
Résultat : ces pensées génèrent du stress, de la dévalorisation, de l’impatience ou encore une tyrannie du « il faut ». Mais bonne nouvelle : il est possible d’en sortir. Comment ? En apprenant à observer, filtrer et transformer votre dialogue intérieur avec plus de clarté, de distance et de bienveillance.
1. Observer ses pensées : l’exercice de métacognition
Le premier pas pour transformer ses pensées négatives consiste à les observer. Cet exercice vous permet de prendre du recul sur votre dialogue intérieur, sans jugement.
Choisissez une situation récente qui vous a stressé(e) ou mis(e) mal à l’aise, puis répondez aux questions suivantes :
- Quelle pensée vous est venue à ce moment-là ?
(ex : « Je ne suis pas à la hauteur », « On va encore me juger », « Je vais échouer ») - Qu’avez-vous ressenti ?
(émotions, sensations physiques, comportements associés) - Cette pensée est-elle un fait ou une interprétation ?
(ex : « Il ne m’a pas répondu » = fait. « Il m’ignore » = interprétation) - Existe-t-il une autre manière de voir la situation ?
- Si une personne que vous aimez vivait cela, que lui diriez-vous ?
Ce type d’observation active la conscience, la nuance et la compassion. Il est utile de le pratiquer régulièrement pour ne plus confondre pensée et vérité.
2. S’ancrer dans la bienveillance grâce à la visualisation
Il n’est pas toujours évident d’accéder spontanément à de l’auto-compassion. Cet exercice vous invite à vous connecter à une figure de bienveillance intérieure ou extérieure.
Installez-vous confortablement et respirez calmement.
Laissez venir à votre esprit le mot « bienveillance ».
Imaginez une personne réelle ou imaginaire qui incarne la douceur, la tolérance et l’acceptation.
Visualisez son visage, ressentez sa présence rassurante.
Placez une main sur votre cœur et respirez dans cette zone.
Ce geste devient un ancrage émotionnel que vous pourrez réutiliser.
Quand les pensées négatives reviennent, posez à nouveau votre main sur le cœur et demandez-vous :
- Que me dirait cette personne dans cette situation ?
- Que me dirait-elle si je me mettais la pression ?
- Que me conseillerait-elle si elle me voyait en train de lutter ou de fuir ?
3. Trier ses pensées en observant leur impact corporel
Au lieu de chercher si une pensée est « vraie » ou « fausse », il peut être plus aidant d’évaluer son impact sur votre bien-être intérieur.
✴️ Fermez les yeux et prononcez mentalement une phrase qui commence par « J’apprécie… » suivie du prénom d’une personne que vous aimez.
Observez ce qui se passe dans votre corps : souffle, rythme cardiaque, sensations…
✴️ Ensuite, formulez une pensée négative que vous avez souvent :
ex : « Je ne suis pas assez… », « Je n’y arriverai pas… »
Observez les effets à nouveau.
➡️ Le but ici n’est pas de savoir si la pensée est vraie ou fausse, mais de prendre conscience de l’effet qu’elle a sur votre relation à vous-même.
4. Prendre de la distance avec son mental : démasquer le critique intérieur
Votre mental n’est pas « vous ». C’est une partie de vous qui commente, qui juge, qui prévient — parfois de façon maladroite. Donnez-lui un nom et visualisez-le comme un coach intérieur imparfait :
Il veut bien faire mais agit parfois comme un dictateur :
impatient, critique, intolérant à l’échec, dramatique, peu bienveillant…
Quand il se manifeste :
- Remerciez-le pour son intention.
- Vérifiez si son message est pertinent pour votre objectif… mais aussi respectueux de vos besoins.
- Reconnectez-vous à votre corps : comment ce message résonne-t-il physiquement ?
S’il vous aide, vous pouvez l’écouter.
S’il vous épuise ou vous freine, vous êtes libre de faire un autre choix.
5. Nourrir un langage intérieur bienveillant
Transformer ses pensées négatives, c’est aussi créer un nouveau terrain intérieur, plus soutenant, plus doux, plus juste. Pour cela, choisissez trois phrases parmi celles-ci, et répétez-les chaque jour :
- Je ne suis pas parfaite, mais j’agis de mon mieux.
- Je lâche prise et je fais confiance à la vie.
- J’ose me montrer aux autres tel(le) que je suis.
- Je choisis de prendre soin de moi.
- Je me comporte envers moi comme envers mon meilleur ami.
- J’accepte de ne pas tout réussir, de ne pas être parfait(e).
- J’agis avec le cœur.
- Je me traite avec bienveillance, amour et respect.
- Je m’accepte avec mes défauts.
- Je m’aime inconditionnellement.
Vous pouvez les écrire, les lire à voix haute, ou les afficher chez vous pour les intégrer peu à peu.
En résumé : vous n’êtes pas vos pensées
Votre mental génère des pensées automatiques, souvent critiques ou limitantes. Mais vous avez le pouvoir d’apprendre à les observer, à les filtrer, à vous en détacher… et à cultiver un dialogue intérieur plus serein, plus lucide, plus aimant.
Changer vos pensées, ce n’est pas nier vos difficultés : c’est vous offrir une manière plus respectueuse de les traverser.
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