Faire le deuil : comprendre, traverser et apaiser la perte

Faire le deuil, ce n’est pas seulement « tourner la page ». C’est un processus intérieur profond, intime, parfois long, qui nous invite à accepter la réalité d’une perte pour retrouver un sentiment de paix et d’élan vital. Qu’il s’agisse d’un deuil amoureux, amical, familial, d’un décès ou d’un changement de vie, chaque deuil vient toucher quelque chose de précieux en nous : l’attachement, les souvenirs, l’identité.

Dans cet article, découvrons ensemble les étapes du deuil, les situations où il s’invite dans nos vies, les signes qu’il est apaisé ou, au contraire, qu’un accompagnement pourrait être bénéfique, ainsi que quelques pistes concrètes pour libérer les émotions et avancer.

Qu’est-ce que le deuil ?

Le mot deuil vient du latin dolus, qui signifie « douleur ». Faire le deuil, c’est accepter de traverser cette douleur pour intégrer la perte et retrouver du sens. Ce n’est pas oublier, mais apprendre à vivre autrement avec l’absence.

Le deuil ne concerne pas uniquement la mort d’un proche. Il s’agit d’un processus d’adaptation à toute forme de perte : la fin d’une relation, un déménagement, un changement professionnel, la perte d’un rêve, d’une santé, ou même d’une image de soi.

Les étapes du deuil : un chemin, pas une ligne droite

Le modèle le plus connu est celui d’Elisabeth Kübler-Ross, qui décrit cinq grandes étapes. Cependant, il ne s’agit pas d’un parcours linéaire : on peut avancer, reculer, rester bloqué à certaines étapes selon les situations.

  1. Le choc et le déni
    La réalité de la perte est trop douloureuse pour être pleinement ressentie. On a du mal à y croire, comme si tout cela n’était pas réel.
  2. La colère
    Contre soi, contre l’autre, contre la vie. Cette émotion traduit souvent un sentiment d’injustice ou d’impuissance.
  3. Le marchandage
    On tente de négocier intérieurement : « Et si j’avais fait autrement ? », « Peut-être qu’il va revenir ? » C’est une façon de repousser la réalité.
  4. La tristesse ou la dépression
    Lorsque la perte devient tangible, la tristesse s’installe. C’est une phase d’introspection où les émotions s’expriment pleinement.
  5. L’acceptation
    Elle ne signifie pas que la douleur disparaît, mais qu’elle s’apaise. On commence à réinvestir la vie, à créer du sens autour de l’expérience.

Les différentes formes de deuil

Le deuil ne se limite pas à la mort d’un être cher. Il existe autant de deuils que de pertes importantes dans une vie :

  • Le deuil amoureux : accepter la fin d’une relation, d’un projet commun, d’un « nous » qu’on imaginait durable.
  • Le deuil amical ou familial : quand une relation s’éteint, se rompt ou devient toxique.
  • Le deuil lié à un décès : la perte d’une personne ou d’un animal cher confronte à la finitude et à la vulnérabilité humaine.
  • Le deuil d’une situation : perte d’un emploi, déménagement, changement de statut, rupture avec une ancienne version de soi.

Chaque deuil est unique, mais tous demandent temps, bienveillance et accueil émotionnel.

Comment savoir si vous avez fait votre deuil ?

Un deuil apaisé se reconnaît à la place qu’occupe la perte dans votre vie.
Voici quelques signes que la guérison émotionnelle est en chemin :

  • Vous pouvez évoquer la personne, la relation ou la situation sans douleur intense.
  • Vous ressentez de la gratitude pour ce que cela vous a apporté.
  • Vous avez retrouvé de l’énergie et de nouveaux projets.
  • Vous n’attendez plus que l’autre, ou le passé, revienne pour être en paix.

Faire son deuil, c’est reprendre le pouvoir sur sa vie émotionnelle, sans renier ce qui a été.

Comment savoir si vous avez besoin d’aide ?

Certains deuils se figent ou se transforment en souffrance chronique. Vous pouvez envisager un accompagnement (psychologue, coach psycho-émotionnel, groupe de parole…) si :

  • La douleur reste très vive, même après plusieurs mois.
  • Vous évitez les souvenirs ou au contraire vous y restez enfermé·e.
  • Vous ressentez une perte de sens ou un vide profond.
  • Vous avez du mal à ressentir de la joie ou à vous projeter.

Être accompagné·e ne signifie pas « aller mal » mais choisir de ne pas rester seul·e dans la traversée.

Quelques pistes pour libérer les émotions et apaiser le deuil

Traverser le deuil, c’est avant tout se permettre de ressentir. Voici quelques pratiques douces et symboliques pour accompagner ce chemin :

1. Tenir un journal de deuil

Écrire ce que vous ressentez, ce que vous auriez voulu dire, ou encore les souvenirs que vous souhaitez garder. L’écriture permet de poser les émotions, de donner une voix à ce qui ne peut se dire autrement.

2. Créer un rituel symbolique

Un acte psychomagique aide à clôturer un cycle. Vous pouvez par exemple :

  • Allumer une bougie régulièrement dans un coin dédié de votre maison ;
  • Planter un arbre ou une fleur en hommage ;
  • Ranger les objets liés à la relation avec une intention claire : « Je garde ce souvenir dans mon cœur, mais je choisis de continuer à vivre. »

3. Se relier au corps

Les émotions du deuil s’impriment dans le corps. Des pratiques comme la respiration consciente, le yoga doux ou la marche en nature permettent de retrouver une circulation émotionnelle et énergétique.

4. Se faire accompagner

Un accompagnement psycho-émotionnel peut vous aider à accueillir les émotions, à comprendre les mécanismes d’attachement et à retrouver un lien apaisé avec la perte.

Faire le deuil, c’est se réconcilier avec la vie

Faire le deuil ne signifie pas oublier, mais transformer la douleur en amour et en sens. Chaque perte nous invite, avec le temps, à nous redéfinir, à grandir, à aimer différemment.

Si vous traversez un deuil aujourd’hui, souvenez-vous : il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de le vivre. Il n’y a que votre rythme, vos émotions, votre histoire.

Et parfois, accepter d’être accompagné·e, c’est le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire sur ce chemin de guérison.

Selon Gary Chapman, nous n’exprimons pas tous l’amour de la même manière.
Nous n’avons pas non plus les mêmes façons de nous sentir aimés.

Pour certaines personnes, quelques mots doux suffisent à nourrir le cœur.
Pour d’autres, c’est un geste, un moment partagé, une aide concrète ou un cadeau symbolique.

Connaître les 5 langages de l’amour peut transformer nos relation mais aussi notre relation à nous-mêmes.

Pourquoi avons-nous des langages différents ?

Nos langages de l’amour se construisent à travers :

  • notre enfance,
  • les démonstrations d’affection reçues (ou manquantes),
  • nos besoins émotionnels,
  • nos expériences de vie,
  • notre sensibilité.

Nous apprenons, souvent inconsciemment, à aimer comme on nous a aimés — ou comme on aurait voulu l’être.
C’est pourquoi deux personnes peuvent s’aimer sincèrement  mais se manquer complètement si leurs langages diffèrent.

Les 5 langages de l’amour

1. Les paroles valorisantes

Cela inclut : compliments, encouragements, gratitude, mots doux, messages attentionnés.
Exemple : “Je suis fier·e de toi”, “Merci pour tout ce que tu fais”, “Tu comptes pour moi.”

2. Les moments de qualité

Accorder un temps exclusif, sans distraction.
Exemple : une balade ensemble, un repas en tête-à-tête, une soirée à discuter.

3. Les services rendus

Aider l’autre dans des tâches qui lui facilitent la vie.
Exemple : préparer un repas, faire une commission, organiser quelque chose pour l’autre.

4. Les cadeaux

Pas besoin de luxe !
Ce langage se nourrit de petites attentions symboliques.
Exemple : offrir un objet qui rappelle un souvenir, un petit chocolat, une carte, une fleur.

5. Le toucher physique

Gestes affectueux : câlins, main dans la main, étreintes, massages.
Exemple : un geste tendre en passant, un hug spontané, une caresse.

Comment découvrir vos langages de l’amour ? (mini-test rapide)

Posez-vous ces questions :

  • Qu’est-ce que j’apprécie le plus recevoir ?
  • Qu’est-ce que je donne le plus naturellement aux autres ?
  • De quoi ai-je le plus besoin quand je vais mal ?

Le langage qui revient le plus souvent est généralement votre langage principal, suivi de votre langage secondaire.

Pourquoi est-ce essentiel de connaître votre langage et celui des autres ?

Parce que l’amour n’est pas universel dans sa forme.
Nous aimons parfois énormément mais à travers un langage que l’autre ne comprend pas.

Savoir le vôtre vous permet de :
mieux communiquer vos besoins affectifs
comprendre pourquoi certaines relations vous nourrissent davantage
éviter les malentendus émotionnels

Savoir celui des autres vous aide à :
leur offrir ce qui les touche réellement
améliorer la communication dans le couple
renforcer le lien avec vos enfants, vos amis, votre famille
diminuer les conflits et frustrations

Les langages de l’amour ne s’appliquent pas qu’à la relation amoureuse :
ils sont utiles dans toutes les relations qui comptent pour vous.

Et si vous utilisiez les langages de l’amour pour vous-même ?

Cet outil principalement utilisé dans le cadre du couple est très intéressant pour nourrir la relation que l’on a avec soi-même.
Maintenant que vous connaissez votre langage de l’amour, je vous invite à l’appliquer avec vous-même !
Voici comment appliquer chaque langage à vous-même :

• Se faire des cadeaux

Si c’est votre langage : offrez-vous régulièrement de petites attentions.
Un carnet, une fleur, une gourmandise, un livre d’occasion…
L’important est la régularité, pas le prix.

• Moments de qualité avec soi

Planifiez des rendez-vous avec vous-même.
Une activité créative, une sortie, un spa maison, une promenade…
Faites une liste de moments que vous aimeriez vous offrir, même simples.

• Services rendus

C’est prendre soin de vous concrètement.
Écoutez-vous, respectez vos limites, offrez vous une pause si c’est nécessaire, demandez de l’aide,…

C’est une forme de douceur envers vous-même.

• Le toucher (soin du corps)

Auto-massages, crème appliquée consciemment, caresse sur les bras, stretching doux…
Ou s’offrir un massage professionnel.
Cela aide à apaiser, recentrer et reconnecter au corps.

• Paroles valorisantes

Se complimenter, se remercier, se parler avec douceur.
Se répéter : “Je fais de mon mieux”, “Je suis fier·e de moi”.
Une seule parole bienveillante peut changer toute votre journée.

Conclusion

Connaître votre langage de l’amour, c’est comprendre comment vous fonctionnez émotionnellement.
L’appliquer à vous-même, c’est apprendre à vous traiter avec respect, compassion et douceur.

Claire Butel

Claire Butel

Diététicienne et thérapeute

En tant que diététicienne, j’ai compris une chose essentielle : atteindre un poids ne suffit pas toujours à se sentir mieux dans son corps… ni dans sa tête.
Cette prise de conscience a éveillé en moi une profonde envie d’aller plus loin, au-delà de l’alimentation, pour explorer le lien entre émotions, image de soi et comportement alimentaire.