Pardonner pour se libérer : comprendre, choisir et avancer

Le pardon, un chemin vers la paix intérieure

Pardonner : un mot simple, mais une démarche souvent complexe.
Le pardon est avant tout un acte intérieur : il ne change pas le passé, mais il permet d’alléger le présent et d’ouvrir l’avenir. Il ne s’agit pas d’oublier, ni d’excuser, mais de se libérer.

Vous avez peut-être déjà ressenti cette tension intérieure, ce poids de la colère ou du ressentiment qui persiste longtemps après la blessure. Pardonner, c’est choisir de ne plus laisser cette douleur diriger votre vie.

1. Que signifie réellement pardonner ?

Pardonner ne veut pas dire approuver, minimiser ou oublier ce qui s’est passé.
C’est une démarche émotionnelle et consciente qui consiste à renoncer à entretenir la rancune, pour retrouver sa liberté intérieure.

Le pardon n’efface pas la mémoire, mais il change le regard que vous portez sur l’événement.
Il vous permet de reprendre votre pouvoir : celui de ne plus subir le passé, mais de choisir la paix plutôt que la souffrance.

2. Les étapes du pardon : un processus en plusieurs temps

Le pardon n’est pas un déclic instantané. C’est souvent un cheminement intérieur qui se déroule en plusieurs étapes :

1. Reconnaître la blessure

Avant toute chose, il est nécessaire d’accueillir la douleur.
Nommer ce que vous ressentez — tristesse, colère, trahison — est la première étape pour ne plus le subir.

2. Comprendre ce qui s’est joué

Chercher à comprendre ne veut pas dire justifier.
Cela permet simplement de remettre les faits en contexte : que s’est-il passé ? quelles attentes, quelles blessures anciennes ont été réveillées ?
C’est une étape essentielle pour retrouver du sens.

3. Accepter ce qui ne peut être changé

Le passé ne peut être réécrit. Accepter, c’est cesser de lutter contre la réalité, sans pour autant renoncer à vos valeurs.

4. Décider de pardonner

Le pardon est un choix personnel, un acte de liberté.
Il ne dépend pas de l’autre, mais de votre volonté de vous libérer des ruminations et de la colère.

5. Se libérer et avancer

Pardonner, c’est tourner une page sans la rouvrir.
C’est choisir la paix intérieure plutôt que la revanche ou la souffrance.

3. Pourquoi pardonner ? Pour soi avant tout

On pense souvent que pardonner, c’est faire un cadeau à l’autre.
En réalité, c’est un cadeau que vous vous faites à vous-même.

Refuser de pardonner, c’est comme garder une braise dans la main en espérant qu’elle brûle l’autre.
Le pardon ne signifie pas que tout est réparé, mais qu’on ne laisse plus la blessure gouverner notre vie.
Il permet :

  • d’apaiser les émotions,
  • de libérer l’énergie bloquée par la rancune,
  • de retrouver de la légèreté et de la clarté intérieure.

4. Faut-il tout pardonner ? Les limites du pardon

Certaines blessures semblent impossibles à pardonner : trahison, mensonges, maltraitance, injustice…
Pardonner n’est pas oublier ni tout accepter.

Quelqu’un qui n’est pas capable de voir qu’il fait du mal aux autres ou qui prend plaisir à faire souffrir peut définir la perversité. Pardonner un pervers peut exposer au risque de se mettre à aimer ce qui nous fait souffrir (syndrome de Stockholm), ce qui devient problématique dans sa propre évolution.
Il semble par contre nécessaire de se pardonner à soi d’en avoir été victime pour se libérer.

Vous pouvez choisir de pardonner intérieurement pour ne plus souffrir, tout en mettant une distance avec la personne concernée.

Le pardon n’implique pas de garder l’autre dans votre vie.

Ne pas pardonner tout de suite ne signifie pas non plus que vous resterez prisonnier.
Le pardon peut venir plus tard, quand la blessure a été suffisamment reconnue et apaisée.

5. Pardonner ou non : comment faire le choix ?

Avant de pardonner, il peut être utile de vous poser quelques questions :

  • Quelle valeur ou quel besoin personnel a été blessé ?
  • Quelles sont mes limites dans mes relations ?
  • Qu’est-ce que je suis prêt(e) à reconstruire, ou non ?

Ces réflexions vous permettent de décider en conscience :
→ soit de pardonner pour vous libérer,
→ soit de prendre de la distance sans nourrir la rancune.

L’un comme l’autre peuvent être des actes d’amour de soi.

6. Et si la personne ne reconnaît pas la souffrance ?

Pardonner quelqu’un qui ne regrette pas, ou qui n’est plus là, est sans doute l’une des étapes les plus difficiles.
Mais le pardon peut être symbolique : vous pouvez écrire une lettre que vous ne donnerez pas, la lire à voix haute pour poser libérer les mots et enfin la brûler.

L’objectif n’est pas que l’autre entende, mais que vous puissiez déposer ce fardeau.

Conclusion : le pardon comme acte d’amour envers soi-même

Pardonner ne signifie pas effacer, mais se choisir.
C’est reprendre son pouvoir intérieur, décider de ne plus nourrir la souffrance, et laisser la vie circuler à nouveau.

Le pardon est un acte d’amour envers vous-même, une façon de dire : “je mérite la paix plus que la douleur.”

Selon Gary Chapman, nous n’exprimons pas tous l’amour de la même manière.
Nous n’avons pas non plus les mêmes façons de nous sentir aimés.

Pour certaines personnes, quelques mots doux suffisent à nourrir le cœur.
Pour d’autres, c’est un geste, un moment partagé, une aide concrète ou un cadeau symbolique.

Connaître les 5 langages de l’amour peut transformer nos relation mais aussi notre relation à nous-mêmes.

Pourquoi avons-nous des langages différents ?

Nos langages de l’amour se construisent à travers :

  • notre enfance,
  • les démonstrations d’affection reçues (ou manquantes),
  • nos besoins émotionnels,
  • nos expériences de vie,
  • notre sensibilité.

Nous apprenons, souvent inconsciemment, à aimer comme on nous a aimés — ou comme on aurait voulu l’être.
C’est pourquoi deux personnes peuvent s’aimer sincèrement  mais se manquer complètement si leurs langages diffèrent.

Les 5 langages de l’amour

1. Les paroles valorisantes

Cela inclut : compliments, encouragements, gratitude, mots doux, messages attentionnés.
Exemple : “Je suis fier·e de toi”, “Merci pour tout ce que tu fais”, “Tu comptes pour moi.”

2. Les moments de qualité

Accorder un temps exclusif, sans distraction.
Exemple : une balade ensemble, un repas en tête-à-tête, une soirée à discuter.

3. Les services rendus

Aider l’autre dans des tâches qui lui facilitent la vie.
Exemple : préparer un repas, faire une commission, organiser quelque chose pour l’autre.

4. Les cadeaux

Pas besoin de luxe !
Ce langage se nourrit de petites attentions symboliques.
Exemple : offrir un objet qui rappelle un souvenir, un petit chocolat, une carte, une fleur.

5. Le toucher physique

Gestes affectueux : câlins, main dans la main, étreintes, massages.
Exemple : un geste tendre en passant, un hug spontané, une caresse.

Comment découvrir vos langages de l’amour ? (mini-test rapide)

Posez-vous ces questions :

  • Qu’est-ce que j’apprécie le plus recevoir ?
  • Qu’est-ce que je donne le plus naturellement aux autres ?
  • De quoi ai-je le plus besoin quand je vais mal ?

Le langage qui revient le plus souvent est généralement votre langage principal, suivi de votre langage secondaire.

Pourquoi est-ce essentiel de connaître votre langage et celui des autres ?

Parce que l’amour n’est pas universel dans sa forme.
Nous aimons parfois énormément mais à travers un langage que l’autre ne comprend pas.

Savoir le vôtre vous permet de :
mieux communiquer vos besoins affectifs
comprendre pourquoi certaines relations vous nourrissent davantage
éviter les malentendus émotionnels

Savoir celui des autres vous aide à :
leur offrir ce qui les touche réellement
améliorer la communication dans le couple
renforcer le lien avec vos enfants, vos amis, votre famille
diminuer les conflits et frustrations

Les langages de l’amour ne s’appliquent pas qu’à la relation amoureuse :
ils sont utiles dans toutes les relations qui comptent pour vous.

Et si vous utilisiez les langages de l’amour pour vous-même ?

Cet outil principalement utilisé dans le cadre du couple est très intéressant pour nourrir la relation que l’on a avec soi-même.
Maintenant que vous connaissez votre langage de l’amour, je vous invite à l’appliquer avec vous-même !
Voici comment appliquer chaque langage à vous-même :

• Se faire des cadeaux

Si c’est votre langage : offrez-vous régulièrement de petites attentions.
Un carnet, une fleur, une gourmandise, un livre d’occasion…
L’important est la régularité, pas le prix.

• Moments de qualité avec soi

Planifiez des rendez-vous avec vous-même.
Une activité créative, une sortie, un spa maison, une promenade…
Faites une liste de moments que vous aimeriez vous offrir, même simples.

• Services rendus

C’est prendre soin de vous concrètement.
Écoutez-vous, respectez vos limites, offrez vous une pause si c’est nécessaire, demandez de l’aide,…

C’est une forme de douceur envers vous-même.

• Le toucher (soin du corps)

Auto-massages, crème appliquée consciemment, caresse sur les bras, stretching doux…
Ou s’offrir un massage professionnel.
Cela aide à apaiser, recentrer et reconnecter au corps.

• Paroles valorisantes

Se complimenter, se remercier, se parler avec douceur.
Se répéter : “Je fais de mon mieux”, “Je suis fier·e de moi”.
Une seule parole bienveillante peut changer toute votre journée.

Conclusion

Connaître votre langage de l’amour, c’est comprendre comment vous fonctionnez émotionnellement.
L’appliquer à vous-même, c’est apprendre à vous traiter avec respect, compassion et douceur.

Claire Butel

Claire Butel

Diététicienne et thérapeute

En tant que diététicienne, j’ai compris une chose essentielle : atteindre un poids ne suffit pas toujours à se sentir mieux dans son corps… ni dans sa tête.
Cette prise de conscience a éveillé en moi une profonde envie d’aller plus loin, au-delà de l’alimentation, pour explorer le lien entre émotions, image de soi et comportement alimentaire.