Comprendre les causes, l’impact et comment se reconnecter à ses émotions
Pleurer est un mécanisme naturel qui permet de libérer nos émotions, d’apaiser notre système nerveux et parfois même de créer du lien avec les autres. Pourtant, certaines personnes constatent qu’elles n’arrivent pas (ou plus) à pleurer, même lorsqu’elles ressentent une grande tristesse ou qu’elles traversent une période difficile. Cette incapacité peut être source d’incompréhension, voire de culpabilité. Alors, pourquoi certaines personnes n’arrivent-elles pas à pleurer ? Est-ce grave ? Et comment se reconnecter à ses émotions ?
Les causes possibles de l’incapacité à pleurer
1. L’histoire personnelle et les traumatismes
- Maltraitance ou négligence dans l’enfance : quand l’expression des émotions a été sanctionnée ou ridiculisée, l’enfant apprend à les réprimer pour se protéger.
- Traumatismes émotionnels ou physiques : après un choc, le cerveau peut bloquer temporairement la capacité à pleurer (sidération). À long terme, des événements traumatiques peuvent créer une forme d’engourdissement émotionnel.
2. Les blocages émotionnels
- Répression des émotions : à force de retenir ses larmes, le système limbique (zone du cerveau liée aux émotions) peut devenir moins réactif, entraînant une impression de “ne plus rien ressentir”.
- Anxiété et perfectionnisme : la peur d’être jugé.e, de perdre le contrôle ou de paraître vulnérable pousse certaines personnes à refuser leurs larmes.
3. Les croyances autour des pleurs
- “Pleurer, c’est être faible.”
- “Un adulte doit se contrôler.”
- “Si je commence à pleurer, je ne pourrai plus m’arrêter.”
Ces croyances, souvent héritées de l’éducation ou de la culture, peuvent bloquer l’accès à cette expression naturelle.
4. L’influence sociale et culturelle
Dans certaines cultures ou familles, pleurer est vu comme un signe de faiblesse. Avec le temps, cette pression sociale peut devenir un automatisme : même quand le corps voudrait pleurer, l’esprit l’en empêche.
Est-ce grave ou gênant de ne pas pleurer ?
Ne pas pleurer n’est pas une maladie en soi. Certaines personnes expriment leurs émotions autrement : par la parole, l’écriture, l’art ou encore la colère. Cependant, l’incapacité à pleurer peut révéler un blocage émotionnel plus profond, voire une souffrance refoulée.
À long terme, cette répression peut augmenter le risque de stress, d’anxiété ou de troubles dépressifs. Les larmes jouent en effet un rôle régulateur important : elles permettent d’évacuer la tension et d’apporter un soulagement physiologique.
Comment se reconnecter à ses émotions et retrouver ses larmes ?
1. Apprendre à reconnaître ses émotions
- Tenir un journal d’écriture pour noter chaque jour ses ressentis.
- Utiliser une “roue des émotions” pour mettre des mots précis sur ce que l’on traverse.
2. Accueillir ses croyances autour des pleurs
Interroger : “Qu’est-ce que je crois que cela dit de moi si je pleure ?”
Remettre en question ces idées héritées permet d’ouvrir la porte à plus de liberté émotionnelle.
3. Revenir au corps
- Méditation de pleine conscience pour observer ses sensations.
- Exercices de respiration ou mouvements doux (yoga, étirements) pour relâcher les tensions.
4. Redécouvrir le rôle des larmes
Les larmes ne sont pas un signe de faiblesse : elles ont une fonction biologique (élimination de certaines hormones du stress) et psychologique (libération émotionnelle).
5. Se faire accompagner
Si le blocage est lié à un traumatisme ou à une répression de longue date, un accompagnement thérapeutique ou un coaching psycho-émotionnel peut aider à se reconnecter en douceur à son monde intérieur.
Conclusion
Ne pas arriver à pleurer peut être déroutant, surtout lorsqu’on sent pourtant une grande tristesse à l’intérieur. Ce blocage n’est jamais un hasard : il est souvent lié à une histoire, à des croyances ou à un mécanisme de protection. La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de se reconnecter à ses émotions, pas à pas, en apprenant à les reconnaître, à les accueillir et à les exprimer autrement.
Pleurer n’est pas une faiblesse : c’est une forme de guérison.

